
Bilan Social 2025 – Association Jeudi des femmes : engagement, données et impact
L’année 2025 a été une période d’action et de mobilisation pour Jeudi des femmes, marquée par des initiatives sociales concrètes et par la prise de parole sur des sujets fondamentaux touchant les femmes et les filles à Madagascar. Nos actions s’inscrivent dans un contexte national où les défis en matière d’éducation, de santé, de droits humains et de lutte contre les violences basées sur le genre demeurent importants.
🎓 Scolarisation et éducation des filles : un défi persistant
Malgré des progrès relatifs, l’éducation des filles à Madagascar reste affectée par des barrières structurelles et socio-culturelles.
Parmi les adolescentes, seulement 30,8 % des filles âgées de 11 à 17 ans sont scolarisées au niveau secondaire ; ce taux est légèrement inférieur ou équivalent à celui des garçons, mais reste faible globalement, indiquant une scolarisation encore fragile pour toutes et tous. De plus, de nombreux facteurs — tels que le travail domestique, les mariages précoces ou les grossesses adolescentes — interrompent les trajectoires scolaires. Banque Mondiale
Accès aux soins de base et santé reproductive
L’accès aux soins de santé reste limité, notamment pour les femmes et les jeunes filles.
Moins de 46 % des accouchements sont assistés par un professionnel de santé et près de 15 % des femmes ont des besoins non satisfaits en matière de contraception, ce qui affecte tant la santé maternelle que la planification familiale. Banque Mondiale
Ces chiffres témoignent d’un accès insuffisant aux services de santé de base, largement entravé par la rareté des infrastructures, les coûts élevés et le manque de services adaptés, en particulier en milieu rural.
Violences basées sur le genre : une réalité persistante
Les violences basées sur le genre constituent une préoccupation majeure à Madagascar.
Selon des enquêtes récentes, environ 28 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire au moins une fois dans leur vie. Ce chiffre met en lumière l’ampleur et la normalisation des violences envers les femmes dans la société malgache. webfs.oecd.org
Par ailleurs, d’autres sources estiment qu’un tiers des femmes et des filles ont été victimes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, et que l’accès aux services de soutien reste très limité. Malagasy News
Droits reproductifs et droit à disposer de son corps
Sur le plan législatif, Madagascar figure parmi les pays aux règles les plus strictes en matière de droits reproductifs : l’avortement est interdit dans presque toutes les circonstances, ce qui prive de nombreuses femmes du droit de disposer de leur corps et conduit parfois à des pratiques non sécurisées. womanstats.org
Dans ce contexte, la suppression de l’examen de la proposition de loi sur l’ITG (Interruption Thérapeutique de Grossesse) au Parlement en 2025 a été un moment particulièrement significatif. Cette décision reflète un arbitrage politique qui empêche l’ouverture d’un débat essentiel sur la santé et les droits des femmes.
💡 L’engagement de Jeudi des femmes en 2025
Dans ce contexte difficile, l’association Jeudi des femmes a agi sur plusieurs fronts :
Promotion et soutien des droits des femmes
À travers des conférences nationales et locales, notre présidente a porté la parole des femmes malgaches en mettant en lumière ces données, parfois méconnues du grand public et des décideurs. Jeudi suit de près le mouvement Nifinakanga et continuera de plaider pour un Etat respectueux de ses engagement notamment l’obligation de ratifier le Protocole de Maputo sur le Genre en Afrique.
Précarité menstruelle : une action concrète
Consciente de l’impact des tabous sur la santé et l’éducation des jeunes filles, l’association a distribué 200 kits de serviettes hygiéniques lavables en partenariat avec le Lycée Français de Tananarive (LFT) et le African Women Leadership Network (AWLN).
Un effort rendu possible grâce à ces alliances, essentielles face à l’inaccessibilité des solutions d’hygiène menstruelle (3 € le kit industriel de 5 serviettes lavables pour beaucoup).
🧼 Autonomisation économique
En 2025, une formation à la fabrication artisanale de savon a permis à une participante, Tantely, de produire 2 kg de savon par semaine et de générer un revenu local. Compte tenu de ses résultats encourageants, l’association prévoit un appui financier à partir de 2026 pour renforcer cette activité.
📍 Soutien ciblé
L’association continue d’assurer un soutien direct dans les communautés, notamment en réservant 10 kits par trimestre pour les femmes du village d’Ampahibato Alasora.
📌 Perspectives 2026
En 2025, Jeudi des femmes a confirmé sa volonté d’allier plaidoyer, actions sociales et partenariats stratégiques pour améliorer les conditions de vie des femmes à Madagascar. Ces actions s’inscrivent dans une dynamique de long terme, où les données socio-économiques servent de base à une réponse plus efficiente et durable aux inégalités de genre.
